Intéressement 2026 : un accord signé pour un an, après une négociation exigeante
Un nouvel accord d’intéressement a été signé pour l’année 2026 entre la direction de Photoweb et les organisations syndicales représentatives. Cet accord s’appliquera uniquement du 1er janvier au 31 décembre 2026. Il ne sera donc pas automatiquement reconduit au-delà de cette date.
Ce choix d’une durée limitée à un an est volontaire. Les représentants des salariés ont souhaité préserver la possibilité de rouvrir rapidement les négociations, d’analyser les résultats réels du dispositif et de défendre un accord plus favorable pour les années suivantes.
Une négociation pour rendre l’intéressement plus accessible
La première proposition de la direction reposait sur trois critères :
la satisfaction et la recommandation des clients, mesurées par le Net Promoter Score — NPS ;
la rentabilité de l’entreprise, mesurée par le rapport entre l’Excédent brut d’exploitation — EBE et le chiffre d’affaires ;
la progression annuelle du chiffre d’affaires.
Dans cette première version, certains critères fonctionnaient presque selon une logique de « tout ou rien ». Le NPS, par exemple, devait progresser de plus de trois points par rapport à l’année précédente pour ouvrir droit à la part correspondante de l’intéressement. Les seuils de progression du chiffre d’affaires étaient également particulièrement élevés.
Au cours des négociations, les représentants des salariés ont donc défendu plusieurs demandes :
rendre les objectifs plus progressifs ;
abaisser les seuils de déclenchement ;
réduire le poids du critère financier ;
diminuer le seuil minimal de résultat nécessaire au versement d’une prime ;
obtenir davantage de transparence sur les éléments comptables utilisés dans les calculs, notamment les frais facturés par le groupe à Photoweb.
Toutes ces demandes n’ont pas été retenues, mais la négociation a permis d’obtenir plusieurs évolutions par rapport à la proposition initiale.
Comment sera calculée l’enveloppe d’intéressement ?
L’accord prévoit une enveloppe globale fondée sur le résultat d’exploitation retraité, appelé REX retraité.
L’enveloppe maximale correspond à 10 % de ce résultat, dans la limite d’un plafond global de 200 000 euros. Toutefois, aucune somme ne sera versée si le REX retraité de Photoweb n’est pas strictement supérieur à 200 000 euros.
Concrètement :
avec un REX retraité inférieur ou égal à 200 000 euros, l’intéressement sera nul ;
avec un REX retraité de 500 000 euros, l’enveloppe maximale théorique sera de 50 000 euros ;
le plafond de 200 000 euros ne pourrait être atteint qu’avec un REX retraité d’au moins 2 millions d’euros.
Ce seuil de 200 000 euros a constitué l’un des principaux points de désaccord. Les représentants des salariés ont demandé qu’il soit abaissé à 100 000 euros, afin d’éviter qu’une amélioration réelle de l’activité ne conduise malgré tout à aucun versement. La direction n’a pas accepté cette proposition.
Trois critères de performance
Lorsque le seuil général de résultat est franchi, le montant de l’intéressement dépend de trois objectifs.
1. La recommandation des clients — 25 %
Le NPS mesure la propension des clients à recommander Photoweb.
La version initiale de la direction prévoyait un déclenchement à 100 % uniquement en cas de progression supérieure à trois points. À la suite des négociations, un mécanisme progressif a été retenu :
NPS inférieur à 45, ou progression inférieure à un point : 0 % ;
progression comprise entre un et moins de deux points : 30 % ;
progression comprise entre deux et moins de trois points : 70 % ;
progression d’au moins trois points : 100 %.
Cette progressivité constitue une amélioration par rapport à la proposition initiale. Néanmoins, le NPS devra également être supérieur à 45. Un score élevé mais stable peut donc ne générer aucune prime sur ce critère.
Nous avons rappelé que cet indicateur ne dépend pas uniquement du travail des salariés. Il peut aussi être affecté par les délais de livraison, les incidents techniques, la qualité des transporteurs, les promotions commerciales ou encore les choix de produits et de services.
2. La rentabilité de l’entreprise — 50 %
Le rapport entre l’EBE et le chiffre d’affaires représente la moitié de l’intéressement potentiel.
Les niveaux prévus sont les suivants :
EBE inférieur à 12 % du chiffre d’affaires : 0 % ;
EBE compris entre 12 % et moins de 13,5 % : 30 % ;
EBE compris entre 13,5 % et moins de 15 % : 70 % ;
EBE égal ou supérieur à 15 % : 100 %.
Ce critère est particulièrement exigeant. Dans la première proposition présentée par la direction, le premier niveau de déclenchement se situait à 6 %. Il a ensuite été relevé à 12 %, alors même que son poids reste fixé à 50 % de la formule.
Il s’agit donc du principal point de vigilance de l’accord : une entreprise peut être rentable et améliorer ses résultats, tout en restant sous le seuil de 12 % et en ne déclenchant aucune prime sur la moitié du dispositif.
3. La progression du chiffre d’affaires — 25 %
Le troisième critère repose sur l’évolution du chiffre d’affaires par rapport à l’année précédente :
croissance inférieure à 4 % : 0 % ;
croissance comprise entre 4 % et moins de 6 % : 30 % ;
croissance comprise entre 6 % et moins de 8 % : 70 % ;
croissance d’au moins 8 % : 100 %.
Le premier seuil a été abaissé par rapport à la proposition initiale de la direction, qui prévoyait un déclenchement à partir de 5 %. Les représentants des salariés demandaient toutefois un premier déclenchement dès 3 % et une progressivité plus favorable.
Comment la prime sera-t-elle répartie ?
L’enveloppe globale sera répartie de manière uniforme entre les bénéficiaires, en fonction de leur temps de présence dans l’entreprise pendant l’année.
Pour bénéficier de l’intéressement, il faudra avoir au moins trois mois d’ancienneté. Les salariés arrivés ou partis en cours d’année seront pris en compte proportionnellement à leur durée de contrat. Pour les salariés à temps partiel, la répartition sera également proportionnelle à leur durée de travail.
L’intéressement n’est donc pas réparti en fonction du salaire ou du niveau hiérarchique.
Versement immédiat ou placement sur le PEE
Chaque bénéficiaire pourra choisir entre :
percevoir immédiatement tout ou partie de la prime, auquel cas elle sera soumise à l’impôt sur le revenu ;
placer tout ou partie de la somme sur le Plan d’épargne d’entreprise, avec le régime fiscal applicable à l’épargne salariale.
À défaut de choix dans le délai prévu, soit quinze jours après réception de l’information, la totalité de la somme sera automatiquement investie sur le fonds monétaire du PEE mentionné dans l’accord.
Il faudra donc être particulièrement attentif à la communication et au bulletin d’option transmis au moment du versement.
Pourquoi avoir signé malgré les limites de l’accord ?
Cet accord n’est pas celui que nous aurions souhaité obtenir sur tous les points.
Nous avons notamment défendu :
un seuil général de déclenchement ramené de 200 000 à 100 000 euros ;
des seuils de rentabilité plus accessibles ;
une pondération moins importante de l’EBE ;
une progression du chiffre d’affaires déclenchée dès 3 % ;
un NPS valorisant davantage le niveau déjà atteint ;
des simulations permettant de mesurer la probabilité réelle de versement.
La négociation a néanmoins permis d’éviter certains mécanismes totalement binaires et d’introduire davantage de progressivité sur le NPS et le chiffre d’affaires. Elle permet également de maintenir un dispositif d’intéressement pour 2026, alors que l’accord précédent arrivait à son terme.
La signature a donc été envisagée comme un compromis : préserver une possibilité de versement en 2026, sans considérer que la formule actuelle constitue un modèle satisfaisant pour plusieurs années.
Un accord limité à 2026 pour pouvoir renégocier
Nous avons fait le choix de ne pas nous engager sur trois ans.
Cette durée d’un an doit nous permettre :
d’observer le fonctionnement réel des trois critères ;
de vérifier si les seuils sont effectivement atteignables ;
de contrôler les modalités de calcul du REX, de l’EBE et du chiffre d’affaires ;
d’évaluer le montant réellement distribué aux salariés ;
de préparer de nouvelles propositions pour l’accord suivant.
L’objectif est clair : utiliser les résultats de 2026 pour revenir à la table des négociations avec des données concrètes et défendre un dispositif plus accessible, plus transparent et plus favorable aux salariés.
Nous continuerons donc à suivre attentivement l’évolution des indicateurs et à demander les informations nécessaires pour contrôler l’application de l’accord.